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Convention entre UK et la France

CONVENTION ENTRE UK ET LA FRANCE

J.O. n° 7 du 9 janvier 2010 page 483

Décrets, arrêtés, circulaires

Textes généraux

Ministère des affaires étrangères et européennes

Décret n° 2010-20 du 7 janvier 2010 portant publica tion de la convention entre le Gouvernement

de la République française et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et

d'Irlande du Nord en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude

fiscales en matière d'impôts sur le revenu et sur les gains en capital (ensemble un protocole),

signée à Londres le 19 juin 2008 (1)

NOR : MAEJ0931633D

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et européennes,

Vu les articles 52 à 55 de la Constitution ;

Vu la loi n° 2009-1470 du 2 décembre 2009 autorisan t l'approbation de la convention entre le

Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-

Bretagne et d'Irlande du Nord en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et

la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu et sur les gains en capital (ensemble un

protocole), signée à Londres le 19 juin 2008 ;

Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié rela tif à la ratification et à la publication des

engagements internationaux souscrits par la France,

Décrète :

Article 1

La convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en vue d'éviter les doubles impositions

et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu et sur les gains en

capital (ensemble un protocole), signée à Londres le 19 juin 2008, sera publiée au Journal

officiel de la République française.

Article 2

Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères et européennes sont responsables,

chacun en ce qui le concerne, de l'application du présent décret, qui sera publié au Journal

officiel de la République française.

Fait à Paris, le 7 janvier 2010.

Nicolas Sarkozy

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

François Fillon

Le ministre des affaires étrangères et européennes,

Bernard Kouchner

(1) La présente convention est entrée en vigueur le 18 décembre 2009.

CONVENTION

ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LE GOUVERNEMENT

DU ROYAUME-UNI DE GRANDE-BRETAGNE ET D'IRLANDE DU NORD EN VUE D'ÉVITER

LES DOUBLES IMPOSITIONS ET DE PRÉVENIR L'ÉVASION ET LA FRAUDE FISCALES EN

MATIÈRE D'IMPÔTS SUR LE REVENU ET SUR LES GAINS EN CAPITAL, ENSEMBLE UN

PROTOCOLE

Le Gouvernement de la République française et

le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord,

désireux de conclure une nouvelle Convention en vue d'éviter les doubles impositions et de

prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu et sur les gains en

capital,

sont convenus des dispositions suivantes :

Article 1er

Personnes concernées

La présente Convention s'applique aux personnes qui sont des résidents d'un Etat contractant

ou des deux Etats contractants.

Article 2

Impôts visés

1. Les impôts auxquels s'applique la présente Convention sont :

a) en ce qui concerne le Royaume-Uni :

(i) l'impôt sur le revenu (income tax) ;

(ii) l'impôt sur les sociétés (corporation tax) ;

(iii) l'impôt sur les gains en capital (capital gains tax) ; (ci-après dénommés « impôt du

Royaume-Uni ») ;

b) en ce qui concerne la France, tous les impôts perçus pour le compte de l'Etat ou de ses

collectivités locales, quel que soit le système de perception, sur le revenu total ou sur

des éléments du revenu, y compris les impôts sur les gains provenant de l'aliénation de

biens mobiliers ou immobiliers, les impôts sur le montant global des salaires payés par

les entreprises, ainsi que les impôts sur les plus-values, et notamment :

(i) l'impôt sur le revenu ;

(ii) l'impôt sur les sociétés ;

(iii) la contribution sociale sur l'impôt sur les sociétés ;

(iv) la taxe sur les salaires ;

(v) les contributions sociales généralisées ;

(vi) les contributions pour le remboursement de la dette sociale ;

(ci-après dénommés « impôt français »).

2. La présente Convention s'applique aussi aux impôts de nature identique ou analogue qui

seraient établis par l'un des Etats contractants après la date de signature de la Convention et qui

s'ajouteraient aux impôts visés au paragraphe 1 ou les remplaceraient. Les autorités

compétentes des Etats contractants se communiquent les modifications significatives apportées

à leur législation fiscale respective.

Article 3

Définitions générales

1. Au sens de la présente Convention, à moins que le contexte n'exige une interprétation

différente :

a) le terme « Royaume-Uni » désigne la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord et les zones

situées au-delà de la mer territoriale sur lesquelles le Royaume-Uni peut, en conformité

avec le droit international, exercer ses droits souverains ;

b) le terme « France » désigne les départements européens et d'outre-mer de la

République française y compris la mer territoriale et, au-delà de celle-ci, les zones sur

lesquelles, en conformité avec le droit international, la République française a des droits

souverains et exerce sa juridiction ;

c) le terme « national » désigne :

i) dans le cas du Royaume-Uni, tout citoyen britannique ou tout sujet britannique qui ne

possède pas la citoyenneté d'un autre pays ou territoire membre du Commonwealth

s'il bénéficie d'un droit de séjour au Royaume-Uni ;

(ii) dans le cas de la France, toute personne physique qui possède la nationalité

française ;

d) les expressions « un Etat contractant » et « l'autre Etat contractant » désignent, suivant

les cas, le Royaume-Uni ou la France ;

e) le terme « personne » comprend les personnes physiques, les sociétés et tous autres

groupements de personnes ;

f) le terme « société » désigne toute personne morale, ou toute entité qui est considérée,

aux fins d'imposition, comme une personne morale ;

g) le terme « entreprise » s'applique à l'exercice de toute activité ou affaire ;

h) les expressions « entreprise d'un Etat contractant » et « entreprise de l'autre Etat

contractant » désignent respectivement une entreprise exploitée par un résident d'un

Etat contractant et une entreprise exploitée par un résident de l'autre Etat contractant ;

i) l'expression « trafic international » désigne tout transport effectué par un navire, un

aéronef ou un véhicule ferroviaire exploité par un résident d'un Etat contractant, sauf

lorsque le navire, l'aéronef ou le véhicule ferroviaire n'est exploité qu'entre des points

situés dans l'autre Etat contractant ;

j) l'expression « autorité compétente » désigne, dans le cas du Royaume-Uni, les

directeurs de l'administration des impôts et des douanes (« Commissioners for Her

Majesty's Revenue and Customs ») ou leur représentant autorisé et, dans le cas de la

France, le ministre des finances ou son représentant autorisé ;

k) les termes « activité », par rapport à une entreprise, et « affaires » comprennent

l'exercice de professions libérales ou d'autres activités de caractère indépendant.

2. Pour l'application de la présente Convention à un moment donné par un Etat contractant, tout

terme ou expression qui n'y est pas défini a, sauf si le contexte exige une interprétation

différente, le sens que lui attribue, à ce moment, le droit de cet Etat concernant les impôts

auxquels s'applique la présente Convention, le sens attribué à ce terme ou expression par le

droit fiscal de cet Etat prévalant sur le sens que lui attribuent les autres branches du droit de cet

Etat.

Article 4

Résidence

1. Au sens de la présente Convention, l'expression « résident d'un Etat contractant » désigne

toute personne qui, en vertu de la législation de cet Etat, y est assujettie à l'impôt en raison de

son domicile, de sa résidence, de son siège de direction, de son lieu d'enregistrement ou de tout

autre critère de nature analogue, et s'applique aussi à cet Etat ainsi qu'à toutes ses subdivisions

politiques ou à ses collectivités locales, ainsi qu'à toute personne morale de droit public de cet

Etat, de cette subdivision ou de cette collectivité. Cette expression ne comprend pas les

personnes qui ne sont assujetties à l'impôt dans cet Etat que pour les revenus et les gains en

capital de sources situées dans cet Etat.

2. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne physique est un résident des

deux Etats contractants, sa situation est réglée de la manière suivante :

a) cette personne est considérée comme un résident seulement de l'Etat contractant où

elle dispose d'un foyer d'habitation permanent ; si elle dispose d'un foyer d'habitation

permanent dans les deux Etats, elle est considérée comme un résident seulement de

l'Etat avec lequel ses liens personnels et économiques sont les plus étroits (centre des

intérêts vitaux) ;

b) si l'Etat contractant où cette personne a le centre de ses intérêts vitaux ne peut pas être

déterminé, ou si elle ne dispose d'un foyer d'habitation permanent dans aucun des

Etats, elle est considérée comme un résident seulement de l'Etat où elle séjourne de

façon habituelle ;

c) si cette personne séjourne de façon habituelle dans les deux Etats contractants ou si

elle ne séjourne de façon habituelle dans aucun d'eux, elle est considérée comme un

résident seulement de l'Etat dont elle possède la nationalité ;

d) si cette personne possède la nationalité des deux Etats contractants ou si elle ne

possède la nationalité d'aucun d'eux, les autorités compétentes des Etats tranchent la

question d'un commun accord.

3. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne autre qu'une personne

physique est un résident des deux Etats contractants, elle est considérée comme un résident

seulement de l'Etat où son siège de direction effective est situé.

4. L'expression « résident d'un Etat contractant » comprend, lorsque cet Etat contractant est la

France, toute société de personnes, groupement de personnes ou autre entité analogue :

a) dont le siège de direction effective est en France ;

b) qui est soumis à l'impôt en France ; et

c) dont tous les porteurs de parts, associés ou membres sont, en application de la

législation fiscale française, personnellement assujettis à l'impôt à raison de leur quotepart

dans les bénéfices de ces sociétés de personnes, groupements de personnes ou

autres entités analogues.

5. Aux fins d'application de la présente Convention :

a) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou d'une autre entité analogue établi dans l'autre Etat

contractant ; et

(ii) traité, en vertu de la législation fiscale de cet autre Etat contractant, comme le revenu

de bénéficiaires, membres ou participants de ce « partnership », de ce groupement de

personnes ou de cette autre entité analogue,

peut bénéficier des dispositions de la présente Convention au même titre que s'il était perçu

directement par un bénéficiaire, membre ou participant de ce

« partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité analogue qui est un

résident de cet autre Etat contractant, dans la mesure où ces bénéficiaires, membres ou

participants, sont résidents de cet autre Etat contractant et satisfont à toute autre condition

imposée par la Convention, que ce revenu soit considéré ou non, en vertu de la législation

fiscale du premier Etat, comme le revenu de ces bénéficiaires, membres ou participants ;

b) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou d'une autre entité analogue établi dans l'autre Etat

contractant ; et

(ii) traité, en vertu de la législation fiscale de cet autre Etat contractant, comme le revenu

de ce « partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité

analogue,

peut bénéficier des dispositions de la présente Convention au même titre que celui d'un résident

de cet autre Etat contractant, que ce revenu soit considéré ou non, en vertu de la législation

fiscale du premier Etat, comme le revenu de ce « partnership », de ce groupement de personnes

ou de cette autre entité analogue, dès lors que ce « partnership », ce groupement de personnes

ou cette autre entité analogue est résident de cet autre Etat contractant et satisfait à toute autre

condition imposée par la Convention ;

c) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou de toute autre entité analogue établi dans cet Etat

contractant ;

(ii) traité, en vertu de la législation fiscale de l'autre Etat contractant, comme le revenu

de bénéficiaires, membres ou participants de ce « partnership », de ce groupement de

personnes ou de cette autre entité analogue ; et

(iii) traité, en vertu de la législation fiscale du premier Etat, comme le revenu de ce «

partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité analogue,

peut être imposé sans restriction en application de la législation fiscale du premier Etat ;

d) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou d'une autre entité analogue établi dans cet Etat

contractant ; et

(ii) traité, en vertu de la législation fiscale de l'autre Etat contractant, comme le revenu

de ce « partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité

analogue,

ne peut pas bénéficier des dispositions de la présente Convention ;

e) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou de toute autre entité analogue établi dans un Etat autre

que les Etats contractants ; et

(ii) traité, en vertu des législations fiscales de l'autre Etat contractant et de l'Etat dans

lequel l'entité est établie, comme le revenu de bénéficiaires, membres ou participants

de ce « partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité

analogue, peut bénéficier des dispositions de la présente Convention au même titre que s'il était perçu

directement par un bénéficiaire, membre ou participant de ce « partnership », de ce groupement

de personnes ou de cette autre entité analogue résident de cet autre Etat contractant, dans la

mesure où ces bénéficiaires, membres ou participants sont résidents de cet autre Etat

contractant et satisfont à toute autre condition imposée par la Convention, que ce revenu soit

considéré ou non, en vertu de la législation fiscale du premier Etat, comme le revenu de ces

bénéficiaires, membres ou participants, à condition que l'Etat dans lequel le « partnership », le

groupement de personnes ou l'autre entité analogue est établi ait conclu avec le premier Etat un

accord contenant une disposition relative à l'échange de renseignements en vue de lutter contre

l'évasion et la fraude fiscales ;

f) un élément de revenu, bénéfice ou gain :

(i) provenant d'un Etat contractant par l'intermédiaire d'un « partnership », d'un

groupement de personnes ou de toute autre entité analogue établi dans un Etat autre

que les Etats contractants ; et

(ii) traité, en vertu de la législation fiscale de l'autre Etat contractant, comme le revenu

de ce « partnership », de ce groupement de personnes ou de cette autre entité

analogue,

ne peut pas bénéficier des dispositions de la présente Convention.

Article 5

Etablissement stable

1. Au sens de la présente Convention, l'expression « établissement stable » désigne une

installation fixe d'affaires par l'intermédiaire de laquelle une entreprise exerce tout ou partie de

son activité.

2. L'expression « établissement stable » comprend notamment :

a) un siège de direction ;

b) une succursale ;

c) un bureau ;

d) une usine ;

e) un atelier ; et

f) une mine, une carrière ou tout autre lieu d'extraction de ressources naturelles.

3. Un chantier de construction ou de montage ne constitue un établissement stable que si sa

durée dépasse douze mois.

4. Nonobstant les dispositions précédentes du présent article, on considère qu'il n'y a pas

« établissement stable » si :

a) il est fait usage d'installations aux seules fins de stockage, d'exposition ou de livraison

de marchandises appartenant à l'entreprise ;

b) des marchandises appartenant à l'entreprise sont entreposées aux seules fins de

stockage, d'exposition ou de livraison ;

c) des marchandises appartenant à l'entreprise sont entreposées aux seules fins de

transformation par une autre entreprise ;

d) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins d'acheter des marchandises ou

de réunir des informations, pour l'entreprise ;

e) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins d'exercer, pour l'entreprise,

toute autre activité de caractère préparatoire ou auxiliaire ;

f) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins de l'exercice cumulé d'activités

mentionnées aux alinéas a) à e) du présent paragraphe, à condition que l'activité

d'ensemble de l'installation fixe d'affaires résultant de ce cumul garde un caractère

préparatoire ou auxiliaire.

5. Nonobstant les dispositions des paragraphes 1 et 2, lorsqu'une personne – autre qu'un agent

jouissant d'un statut indépendant auquel s'applique le paragraphe 6 – agit pour le compte d'une

entreprise et dispose dans un Etat contractant de pouvoirs qu'elle y exerce habituellement lui

permettant de conclure des contrats au nom de l'entreprise, cette entreprise est considérée

comme ayant un établissement stable dans cet Etat pour toutes les activités que cette personne

exerce pour l'entreprise, à moins que les activités de cette personne ne soient limitées à celles

qui sont mentionnées au paragraphe 4 et qui, si elles étaient exercées par l'intermédiaire d'une

installation fixe d'affaires, ne permettraient pas de considérer cette installation comme un

établissement stable selon les dispositions de ce paragraphe.

6. Une entreprise n'est pas considérée comme ayant un établissement stable dans un Etat

contractant du seul fait qu'elle y exerce son activité par l'entremise d'un courtier, d'un

commissionnaire général ou de tout autre agent jouissant d'un statut indépendant, à condition

que ces personnes agissent dans le cadre ordinaire de leur activité.

7. Le fait qu'une société qui est un résident d'un Etat contractant contrôle ou est contrôlée par

une société qui est un résident de l'autre Etat contractant ou qui y exerce son activité (que ce

soit par l'intermédiaire d'un établissement stable ou non) ne suffit pas, en lui-même, à faire de

l'une quelconque de ces sociétés un établissement stable de l'autre.

Article 6

Revenus immobiliers

1. Les revenus provenant de biens immobiliers (y compris les revenus des exploitations agricoles

ou forestières) situés dans un Etat contractant sont imposables dans cet Etat.

2. L'expression « biens immobiliers » a le sens que lui attribue le droit de l'Etat contractant où les

biens considérés sont situés. L'expression comprend en tous cas les accessoires, le cheptel

mort ou vif des exploitations agricoles et forestières, les droits auxquels s'appliquent les

dispositions du droit privé concernant la propriété foncière, l'usufruit des biens immobiliers et les

droits à des paiements variables ou fixes pour l'exploitation ou la concession de l'exploitation de

gisements minéraux, sources et autres ressources naturelles ; les navires, les aéronefs et les

véhicules ferroviaires ne sont pas considérés comme des biens immobiliers.

3. Les dispositions du paragraphe 1 s'appliquent aux revenus provenant de l'exploitation directe,

de la location ou de l'affermage, ainsi que de toute autre forme d'exploitation des biens

immobiliers.

4. Les dispositions des paragraphes 1 et 3 s'appliquent également aux revenus provenant des

biens immobiliers d'une entreprise.

5. Lorsque des actions, parts ou autres droits dans une société ou autre personne morale, un

« partnership », un « trust » ou une institution comparable, donnent un droit de jouissance sur

des biens immobiliers situés dans un Etat contractant et détenus par cette société ou autre

personne morale, ce « partnership », « trust » ou institution comparable, les revenus tirés de

l'utilisation directe, de la location ou de l'usage sous toute autre forme de ce droit de jouissance

sont imposables dans cet Etat nonobstant les dispositions de l'article 7.

Article 7

Bénéfices des entreprises

1. Les bénéfices d'une entreprise d'un Etat contractant ne sont imposables que dans cet Etat, à

moins que l'entreprise n'exerce son activité dans l'autre Etat contractant par l'intermédiaire d'un

établissement stable qui y est situé. Si l'entreprise exerce son activité d'une telle façon, les

bénéfices de l'entreprise sont imposables dans l'autre Etat mais uniquement dans la mesure où

ils sont imputables à cet établissement stable.

2. Sous réserve des dispositions du paragraphe 3, lorsqu'une entreprise d'un Etat contractant

exerce son activité dans l'autre Etat contractant par l'intermédiaire d'un établissement stable qui

y est situé, il est imputé, dans chaque Etat contractant, à cet établissement stable les bénéfices

qu'il aurait pu réaliser s'il avait constitué une entreprise distincte exerçant des activités identiques

ou analogues dans des conditions identiques ou analogues et traitant en toute indépendance

avec l'entreprise dont il constitue un établissement stable.

3. Pour déterminer les bénéfices d'un établissement stable, sont admises en déduction les

dépenses exposées aux fins poursuivies par cet établissement stable, y compris les dépenses

de direction et les frais généraux d'administration ainsi exposés, soit dans l'Etat où est situé cet

établissement stable, soit ailleurs.

4. S'il est d'usage, dans un Etat contractant, de déterminer les bénéfices imputables à un

établissement stable sur la base d'une répartition des bénéfices totaux de l'entreprise entre ses

diverses parties, aucune disposition du paragraphe 2 n'empêche cet Etat de déterminer les

bénéfices imposables selon la répartition en usage ; la méthode de répartition adoptée doit

cependant être telle que le résultat obtenu soit conforme aux principes contenus dans le présent

article.

5. Aucun bénéfice n'est imputé à un établissement stable du fait qu'il a simplement acheté des

marchandises pour l'entreprise.

6. Aux fins des paragraphes précédents, les bénéfices à imputer à l'établissement stable sont

déterminés chaque année selon la même méthode, à moins qu'il n'existe des motifs valables et

suffisants de procéder autrement.

7. Lorsque les bénéfices comprennent des éléments de revenu ou des gains en capital, traités

séparément dans d'autres articles de la présente Convention, les dispositions de ces articles ne

sont pas affectées par les dispositions du présent article.

Article 8

Transport international

1. Les bénéfices qu'un résident d'un Etat contractant tire de l'exploitation, en trafic international,

de navires, d'aéronefs ou de véhicules ferroviaires ne sont imposables que dans cet Etat.

2. Les bénéfices visés au paragraphe 1 qui reviennent à un résident d'un Etat contractant au titre

de sa participation à un groupement (pool), une exploitation en commun ou un organisme

international d'exploitation ne sont imposables que dans cet Etat.

3. Pour l'application des dispositions du présent article, les bénéfices tirés de l'exploitation, en

trafic international, de navires, d'aéronefs ou de véhicules ferroviaires comprennent :

a) les bénéfices tirés de la location, sans personnel, de navires, d'aéronefs ou de véhicules

ferroviaires ; et

b) les bénéfices tirés de l'utilisation, de l'entretien ou de la location de conteneurs,

lorsque cette location ou cette utilisation, cet entretien ou cette location, selon les cas, est

accessoire à l'exploitation, en trafic international, de navires, d'aéronefs ou de véhicules

ferroviaires.

Article 9

Tunnel sous la Manche

1. Dans le présent article :

a) le terme « Traité » désigne le Traité entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et

d'Irlande du Nord et la République française concernant la construction et l'exploitation

par des sociétés privées concessionnaires d'une liaison fixe transmanche, signé à

Cantorbéry le 12 février 1986 ;

b) l'expression « liaison fixe » a le sens qui lui est donné par le paragraphe 2 de l'article 1er

du Traité ;

c) le terme « concession » désigne la concession concernant la conception, le

financement, la construction et l'exploitation d'une liaison fixe à travers la Manche

signée à Paris le 14 mars 1986 entre, d'une part, le « Secretary of State for Transport »

du Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et le

Ministre de l'urbanisme, du logement et des transports représentant l'Etat français et,

d'autre part, the Channel Tunnel Group Limited et France-Manche SA ;

d) le terme « concessionnaires » désigne the Channel Tunnel Group Limited et France-

Manche SA ou toute personne morale à laquelle l'une ou l'autre entreprise aurait cédé

ses droits ou qui lui aurait succédé, conformément aux dispositions de la concession ;

e) l'expression « sociétés mères » désigne :

(i) la société résidente du Royaume-Uni détenant effectivement la totalité des actions du

capital du concessionnaire qui est une entreprise du Royaume-Uni ; et

(ii) la société résidente de France détenant la totalité des actions du capital du

concessionnaire qui est une entreprise de France à l'exception des actions

obligatoirement détenues, en conformité avec le droit commercial français, par

d'autres actionnaires ;

f) l'expression « société associée » désigne :

(i) l'une ou l'autre des sociétés mères ; ou

(ii) une société dans laquelle l'un des concessionnaires possède directement ou

indirectement plus de 50 % des droits de vote ou des actions du capital ; ou

(iii) une société dans laquelle l'une des sociétés mères possède directement ou

indirectement plus de 50 % des droits de vote ou des actions du capital ;

g) le terme « actions du capital » tel qu'utilisé à l'alinéa f) du présent paragraphe désigne :

(i) au Royaume-Uni, toutes les actions du capital émises par la société, autres que les

actions du capital dont les détenteurs ont droit à un dividende fixe à l'exclusion de tout

autre droit aux bénéfices de la société ;

(ii) en France, toutes les actions du capital émises par la société, dont les détenteurs

n'ont aucun droit particulier en matière de distribution des dividendes ou de vote.

2. Les dispositions du présent article s'appliquent pour l'imposition par les Etats contractants des

revenus provenant des biens immobiliers faisant partie de la liaison fixe et des bénéfices

provenant de la construction et de l'exploitation de la liaison fixe, nonobstant les dispositions

contraires de l'article 6, de l'article 7 ou de l'article 8 de la présente Convention, à condition que :

a) l'un des concessionnaires soit une entreprise d'un Etat contractant et l'autre

concessionnaire soit une entreprise de l'autre Etat contractant ; et que

b) la concession prévoie que les recettes réalisées et les dépenses exposées sont

réparties par parts égales entre les deux concessionnaires ; et que

c) les concessionnaires répartissent effectivement les dépenses et les recettes par parts

égales pendant la construction et l'exploitation de la liaison fixe.

3. Pour l'application de leur législation fiscale, les Etats contractants calculent séparément les

revenus ou bénéfices réalisés par chacun des concessionnaires (directement ou par

l'intermédiaire d'une société en participation constituée entre eux) en vertu du principe selon

lequel les dépenses et recettes qui sont partagées entre eux, conformément aux dispositions de

l'alinéa c) du paragraphe 2, ont été respectivement exposées et réalisées par chacun d'eux à

parts égales.

4. Si et aussi longtemps que les détenteurs d'actions de l'un des concessionnaires ou de l'une

des sociétés mères auront l'obligation de détenir simultanément un nombre équivalent d'actions

de la même nature de l'autre concessionnaire ou si tel est le cas de l'autre société mère, les

revenus ou bénéfices de chaque concessionnaire, calculés conformément aux dispositions du

paragraphe 3, ne sont imposables que dans l'Etat contractant dont il est une entreprise.

5. Si la condition posée au paragraphe 4 n'est pas remplie, les revenus ou bénéfices de chaque

concessionnaire, calculés conformément aux dispositions du paragraphe 3, sont attribués pour

moitié à un établissement stable qu'un concessionnaire a dans l'Etat contractant dont il n'est pas

une entreprise et y sont imposables en conséquence.

6. a) Nonobstant les dispositions de l'article 15 de la présente Convention, les salaires,

traitements et autres rémunérations similaires, reçus par un employé de l'un des

concessionnaires ou d'une société associée pour un emploi exercé exclusivement ou

principalement à l'intérieur de la liaison fixe et dans les deux Etats contractants, sont

imposables dans l'Etat contractant où est situé le siège de direction effective de ce

concessionnaire ou de cette société associée ;

b) Aux fins des dispositions du paragraphe 2 de l'article 15 de la présente Convention, la

rémunération ne peut être considérée comme étant supportée par un établissement

stable qu'un concessionnaire a dans l'Etat contractant dont il n'est pas une entreprise

au seul motif qu'il existe une société en participation entre les deux concessionnaires.

Article 10

Entreprises associées

1. Lorsque :

a) une entreprise d'un Etat contractant participe directement ou indirectement à la

direction, au contrôle ou au capital d'une entreprise de l'autre Etat contractant, ou que

b) les mêmes personnes participent directement ou indirectement à la direction, au

contrôle ou au capital d'une entreprise d'un Etat contractant et d'une entreprise de

l'autre Etat contractant,

et que, dans l'un et l'autre cas, les deux entreprises sont, dans leurs relations commerciales ou

financières, liées par des conditions convenues ou imposées qui diffèrent de celles qui seraient

convenues entre des entreprises indépendantes, les bénéfices qui, sans ces conditions, auraient

été réalisés par l'une des entreprises mais qui n'ont pu l'être en fait à cause de ces conditions,

peuvent être inclus dans les bénéfices de cette entreprise et imposés en conséquence.

2. Lorsqu'un Etat contractant inclut dans les bénéfices d'une entreprise de cet Etat – et impose

en conséquence – des bénéfices sur lesquels une entreprise de l'autre Etat contractant a été

imposée dans cet autre Etat, et que les bénéfices ainsi inclus sont des bénéfices qui auraient été

réalisés par l'entreprise du premier Etat si les conditions convenues entre les deux entreprises

avaient été celles qui auraient été convenues entre des entreprises indépendantes, l'autre Etat

procède à un ajustement approprié du montant de l'impôt qui y a été perçu sur ces bénéfices.

Pour déterminer cet ajustement, il est tenu compte des autres dispositions de la présente

Convention et, si nécessaire, les autorités compétentes des Etats contractants se consultent.

Article 11

Dividendes

1. a) Les dividendes provenant d'un Etat contractant et payés à un résident de l'autre Etat

contractant sont imposables dans cet autre Etat.

b) Sous réserve des dispositions de l'alinéa c) du présent paragraphe, les dividendes visés

à l'alinéa a) du présent paragraphe sont aussi imposables dans le premier Etat, et selon

la législation de cet Etat, mais si la personne qui les reçoit en est le bénéficiaire effectif,

l'impôt ainsi établi ne peut excéder 15 % du montant brut des dividendes.

c) Les dividendes visés à l'alinéa a) du présent paragraphe payés par une société qui est

un résident du premier Etat ne sont pas imposables dans cet Etat si leur bénéficiaire

effectif est une société assujettie à l'impôt sur les sociétés qui détient, directement ou

indirectement, au moins 10 % du capital de la société payant les dividendes et qui est

un résident de l'autre Etat contractant.

d) Nonobstant les dispositions de l'article 1er, l'impôt prélevé en France sur les dividendes

qui en proviennent et dont le bénéficiaire effectif est un fonds de pension (autre qu'une

société) constitué, établi et approuvé à des fins fiscales au Royaume-Uni, ne peut être

établi à un taux excédant celui prévu à l'alinéa b) du présent paragraphe.

e) Les dispositions du présent paragraphe n'affectent pas l'imposition de la société au titre

des bénéfices qui servent au paiement des dividendes.

2. Le terme « dividendes » employé dans le présent article désigne les revenus provenant

d'actions, actions ou bons de jouissance, parts de mine, parts de fondateur ou autres parts

bénéficiaires à l'exception des créances, ainsi que les revenus soumis au régime des

distributions par la législation fiscale de l'Etat contractant dont la société distributrice est un

résident. Le terme « dividendes » ne comprend pas les revenus visés à l'article 16.

3. Les dispositions du paragraphe 1 ne s'appliquent pas lorsque le bénéficiaire effectif des

dividendes, résident d'un Etat contractant, exerce dans l'autre Etat contractant dont la société qui

paie les dividendes est un résident une activité d'entreprise par l'intermédiaire d'un

établissement stable qui y est situé, et que la participation génératrice des dividendes s'y

rattache effectivement. Dans ce cas, les dispositions de l'article 7 sont applicables.

4. Lorsqu'une société qui est un résident d'un Etat contractant tire des bénéfices ou des revenus

de l'autre Etat contractant, cet autre Etat ne peut percevoir aucun impôt sur les dividendes payés

par la société, sauf dans la mesure où ces dividendes sont payés à un résident de cet autre Etat

ou dans la mesure où la participation génératrice des dividendes se rattache effectivement à un

établissement stable situé dans cet autre Etat, ni prélever aucun impôt, au titre de l'imposition

des bénéfices non distribués, sur les bénéfices non distribués de la société, même si les

dividendes payés ou les bénéfices non distribués consistent en tout ou partie en bénéfices ou

revenus provenant de cet autre Etat.

5. Les dispositions des alinéas b), c) et d) du paragraphe 1 ne s'appliquent pas aux dividendes

versés à partir de revenus ou de gains tirés de biens immobiliers au sens de l'article 6 par un

véhicule d'investissement :

a) qui distribue la plus grande partie de ces revenus annuellement ; et

b) dont les revenus ou les gains tirés de ces biens immobiliers sont exonérés d'impôts ;

lorsque le bénéficiaire effectif de ces dividendes détient, directement ou indirectement, 10 % ou

plus du capital du véhicule qui paie les dividendes. Dans ce cas, les dividendes sont imposables

au taux prévu par la législation nationale de l'Etat contractant d'où ils proviennent.

6. Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas si le principal objectif ou l'un des

principaux objectifs d'une personne concernée par la constitution ou l'affectation des actions ou

autres droits générateurs des dividendes a été de tirer avantage du présent article grâce à cette

constitution ou à cette affectation.

Article 12

Intérêts

1. Les intérêts provenant d'un Etat contractant et dont le bénéficiaire effectif est un résident de

l'autre Etat contractant ne sont imposables que dans cet autre Etat.

2. Le terme « intérêts » employé dans le présent article désigne les revenus des créances de

toute nature, assorties ou non de garanties hypothécaires ou d'une clause de participation aux

bénéfices du débiteur, et notamment les revenus des fonds publics et des obligations

d'emprunts. Le terme « intérêts » ne comprend pas les revenus considérés comme des

dividendes selon les dispositions de l'article 11.

3. Les dispositions du paragraphe 1 ne s'appliquent pas lorsque le bénéficiaire effectif des

intérêts, résident d'un Etat contractant, exerce dans l'autre Etat contractant d'où proviennent les

intérêts une activité d'entreprise, par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est situé, et

que la créance génératrice des intérêts s'y rattache effectivement. Dans ce cas, les dispositions

de l'article 7 sont applicables.

4. Lorsque, en raison de relations spéciales existant entre le débiteur et le bénéficiaire effectif ou

que l'un et l'autre entretiennent avec de tierces personnes, le montant des intérêts payés

excède, pour une raison quelconque, celui dont seraient convenus le débiteur et le bénéficiaire

effectif en l'absence de pareilles relations, les dispositions du présent article ne s'appliquent qu'à

ce dernier montant. Dans ce cas, la partie excédentaire des paiements reste imposable selon la

législation de chaque Etat contractant et compte tenu des autres dispositions de la présente

Convention.

5. Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas si le principal objectif ou l'un des

principaux objectifs d'une personne concernée par la constitution ou l'affectation de la créance

génératrice des intérêts a été de tirer avantage du présent article grâce à cette constitution ou à

cette affectation.

Article 13

Redevances

1. Les redevances provenant d'un Etat contractant et dont le bénéficiaire effectif est un résident

de l'autre Etat contractant ne sont imposables que dans cet autre Etat.

2. Le terme « redevances » employé dans le présent article désigne les rémunérations de toute

nature payées pour l'usage ou la concession de l'usage d'un droit d'auteur sur une oeuvre

littéraire, artistique ou scientifique y compris les films cinématographiques et les logiciels, d'un

brevet, d'une marque de fabrique ou de commerce, d'un dessin ou d'un modèle, d'un plan, d'une

formule ou d'un procédé secrets, ou pour des informations ayant trait à une expérience acquise

dans le domaine industriel, commercial ou scientifique.

3. Les dispositions du paragraphe 1 ne s'appliquent pas lorsque le bénéficiaire effectif des

redevances, résident d'un Etat contractant, exerce dans l'autre Etat contractant d'où proviennent

les redevances une activité d'entreprise par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est

situé, et que le droit ou le bien générateur des redevances s'y rattache effectivement. Dans ce

cas, les dispositions de l'article 7 sont applicables.

4. Lorsque, en raison de relations spéciales existant entre le débiteur et le bénéficiaire effectif ou

que l'un et l'autre entretiennent avec de tierces personnes, le montant des redevances payées

excède, pour un motif quelconque, celui dont seraient convenus le débiteur et le bénéficiaire

effectif en l'absence de pareilles relations, les dispositions du présent article ne s'appliquent qu'à

ce dernier montant. Dans ce cas, la partie excédentaire des paiements reste imposable selon la

législation de chaque Etat contractant et compte tenu des autres dispositions de la présente

Convention.

5. Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas si le principal objectif ou l'un des

principaux objectifs d'une personne concernée par la constitution ou l'affectation du droit ou du

bien générateur des redevances a été de tirer avantage du présent article grâce à cette

constitution ou à cette affectation.

Article 14

Gains en capital

1. Les gains provenant de l'aliénation de biens immobiliers définis à l'article 6 et situés dans un

Etat contractant sont imposables dans cet Etat.

2. Les gains provenant de l'aliénation :

a) d'actions, autres que des actions faisant l'objet de négociations régulières sur un

marché réglementé, parts ou droits tirant leur valeur ou la majeure partie de leur valeur,

directement ou indirectement, de biens immobiliers visés à l'article 6 et situés dans un

Etat contractant, ou

b) de droits dans un « partnership » ou un « trust » dont l'actif est constitué principalement

de biens immobiliers visés à l'article 6 et situés dans un Etat contractant, ou d'actions,

parts ou droits visés à l'alinéa a) du présent paragraphe ;

sont imposables dans l'Etat où les biens immobiliers sont situés.

3. Les gains provenant de l'aliénation de biens mobiliers qui font partie de l'actif d'un

établissement stable qu'une entreprise d'un Etat contractant a dans l'autre Etat contractant, y

compris de tels gains provenant de l'aliénation de cet établissement stable (seul ou avec

l'ensemble de l'entreprise), sont imposables dans cet autre Etat.

4. Les gains qu'un résident d'un Etat contractant tire de l'aliénation de navires, d'aéronefs ou de

véhicules ferroviaires exploités par ce résident en trafic international ou de biens mobiliers

affectés à l'exploitation de ces navires, aéronefs ou véhicules ferroviaires ne sont imposables

que dans cet Etat.

5. Les gains provenant de l'aliénation de tous biens autres que ceux qui sont visés aux

paragraphes 1, 2, 3 et 4 ne sont imposables que dans l'Etat contractant dont le cédant est un

résident.

6. Les dispositions du paragraphe 5 n'affectent pas le droit d'un Etat contractant de prélever,

conformément à sa législation, un impôt sur les gains tirés de l'aliénation de tout bien par une

personne qui est, et qui a été à un moment quelconque pendant les six années fiscales

précédentes, un résident de cet Etat contractant ou par une personne qui est un résident de cet

Etat contractant à un moment quelconque de l'année fiscale au cours de laquelle le bien est aliéné.

Article 15

Revenus d'emploi

1. Sous réserve des dispositions des articles 16, 18, 19 et 20, les salaires, traitements et autres

rémunérations similaires qu'un résident d'un Etat contractant reçoit au titre d'un emploi salarié ne

sont imposables que dans cet Etat, à moins que l'emploi ne soit exercé dans l'autre Etat

contractant. Si l'emploi y est exercé, les rémunérations reçues à ce titre sont imposables dans

cet autre Etat.

2. Nonobstant les dispositions du paragraphe 1, les rémunérations qu'un résident d'un Etat

contractant reçoit au titre d'un emploi salarié exercé dans l'autre Etat contractant ne sont

imposables que dans le premier Etat si :

a) le bénéficiaire séjourne dans l'autre Etat pendant une période ou des périodes

n'excédant pas au total 183 jours au cours de toute période de douze mois consécutifs ;

et

b) les rémunérations sont payées par un employeur, ou pour le compte d'un employeur, qui

n'est pas un résident de l'autre Etat ; et

c) la charge des rémunérations n'est pas supportée par un établissement stable que

l'employeur a dans l'autre Etat.

3. Nonobstant les dispositions précédentes du présent article, les rémunérations reçues au titre

d'un emploi salarié exercé à bord d'un navire, d'un aéronef ou d'un véhicule ferroviaire exploités

en trafic international sont imposables dans l'Etat contractant dont l'exploitant du navire, de

l'aéronef ou du véhicule ferroviaire est un résident.

4. Pour l'application des dispositions du présent article, l'expression « emploi salarié » inclut

notamment les fonctions de gérance ou de direction, autres que les fonctions visées à l'article

16, exercées dans une société soumise à l'impôt français sur les sociétés.

Article 16

Jetons de présence

Les jetons de présence et autres rétributions similaires qu'un résident d'un Etat contractant reçoit

en sa qualité de membre du conseil d'administration ou de surveillance d'une société qui est un

résident de l'autre Etat contractant sont imposables dans cet autre Etat.

Article 17

Artistes et sportifs

1. Nonobstant les dispositions des articles 7 et 15, les revenus qu'un résident d'un Etat

contractant tire de ses activités personnelles exercées dans l'autre Etat contractant en tant

qu'artiste du spectacle, tel qu'un artiste de théâtre, de cinéma, de la radio ou de la télévision, ou

qu'un musicien, ou en tant que sportif, sont imposables dans cet autre Etat.

2. Lorsque les revenus d'activités qu'un artiste du spectacle ou un sportif exerce

personnellement et en cette qualité sont attribués non pas à l'artiste ou au sportif lui-même mais

à une autre personne, ces revenus sont imposables, nonobstant les dispositions des articles 7,

13, 15 et 23, dans l'Etat contractant où les activités de l'artiste ou du sportif sont exercées.

3. Nonobstant les dispositions du paragraphe 1, les revenus qu'un résident d'un Etat contractant

tire de ses activités personnelles exercées dans l'autre Etat contractant en tant qu'artiste ou

sportif ne sont imposables que dans le premier Etat lorsque ces activités dans l'autre Etat sont

financées principalement par des fonds publics du premier Etat ou de ses collectivités locales, ou

de leurs personnes morales de droit public.

4. Nonobstant les dispositions du paragraphe 2, lorsque les revenus d'activités qu'un résident

d'un Etat contractant, artiste ou sportif, exerce personnellement et en cette qualité dans l'autre

Etat contractant sont attribués non pas à l'artiste ou au sportif lui-même mais à une autre

personne, ces revenus ne sont imposables, nonobstant les dispositions des articles 7 et 15, que

dans le premier Etat lorsque cette autre personne est financée principalement par des fonds

publics de ce premier Etat ou de ses collectivités locales, ou de leurs personnes morales de droit public.

Article 18

Pensions

Sous réserve des dispositions du paragraphe 2 de l'article 19, les pensions et autres

rémunérations similaires payées à un résident d'un Etat contractant au titre d'un emploi antérieur

ne sont imposables que dans cet Etat.

Article 19

Fonctions publiques

1. Les salaires, traitements et autres rémunérations similaires, autres que les pensions, payés

par un Etat contractant ou l'une de ses collectivités locales ou par une de leurs personnes

morales de droit public, à une personne physique au titre de services rendus à cet Etat,

collectivité ou personne morale ne sont imposables que dans cet Etat. Toutefois, ces salaires,

traitements et autres rémunérations similaires ne sont imposables que dans l'autre Etat

contractant si les services sont rendus dans cet Etat et si la personne physique est un résident

de cet Etat et en possède la nationalité sans posséder en même temps la nationalité du premier Etat.

2. Les pensions et autres rémunérations similaires, payées par un Etat contractant ou l'une de

ses collectivités locales ou, dans le cas de la France, par une personne morale de droit public,

soit directement, soit par prélèvement sur des fonds qu'ils ont constitués, à une personne

physique au titre de services rendus à cet Etat, collectivité ou personne morale ne sont

imposables que dans cet Etat. Toutefois, ces pensions ne sont imposables que dans l'autre Etat

contractant si la personne physique est un résident de cet Etat et en possède la nationalité sans

posséder en même temps la nationalité du premier Etat.

3. Les dispositions des articles 15, 16, 17 et 18 s'appliquent aux salaires, traitements et autres

rémunérations similaires et aux pensions, payés au titre de services rendus dans le cadre d'une

activité d'entreprise exercée par un Etat contractant ou l'une de ses collectivités locales ou par

une de leurs personnes morales de droit public.

4. Nonobstant toute autre disposition de la présente Convention :

a) les pensions visées au paragraphe 4 de l'article 81 du Code général des impôts français

sont exonérées de l'impôt du Royaume-Uni, quelle que soit la nationalité du pensionné,

à condition qu'elles soient exonérées de l'impôt français ;

b) les pensions visées à la section 641(1) (a) à (g) de la loi de 2003 intitulée « Income Tax

(Earnings and Pensions) Act 2003 », les prestations versées en cas de maladie ou

d'accident après la fin des services exercés dans les forces armées ou les forces de

réserve, visées à la section 641(1) (h) de la loi de 2003 mentionnée ci-dessus et les

pensions pour blessure ou invalidité payables dans le cadre de tout régime prévu par la

loi de 1939 intitulée « Personal Injuries (Emergency Provisions) Act 1939 » sont

exonérées de l'impôt français, quelle que soit la nationalité du pensionné, à condition

qu'elles soient exonérées de l'impôt du Royaume-Uni. Toutefois, les dispositions du

paragraphe 2 s'appliquent à la fraction de ces pensions qui n'est pas exonérée de

l'impôt du Royaume-Uni.

Article 20

Enseignants et chercheurs

1. Sous réserve des dispositions du paragraphe 2, une personne physique qui séjourne dans un

Etat contractant pendant une période n'excédant pas deux ans, afin d'exercer des activités

d'enseignement ou de recherche dans une université, un collège, une école ou toute autre

institution d'enseignement officiellement reconnue dans cet Etat contractant, et qui était

immédiatement avant ce séjour un résident de l'autre Etat contractant, n'est imposable que dans

cet autre Etat au titre des rémunérations qui proviennent de ces activités d'enseignement ou de

recherche pendant une période n'excédant pas deux ans, décomptée à partir de la date à

laquelle la personne physique est arrivée pour la première fois dans le premier Etat afin d'y

exercer ces activités.

2. Lorsqu'en application des dispositions combinées de la présente Convention et de la

législation en vigueur dans l'autre Etat, un enseignant ou un chercheur visé au paragraphe 1 est

exonéré d'impôt dans cet autre Etat au titre de ses rémunérations, celles-ci sont imposables

dans le premier Etat.

3. Les dispositions du présent article ne s'appliquent aux revenus provenant d'activités de

recherche que si celles-ci sont entreprises par la personne physique dans l'intérêt public et non

principalement au profit d'une ou plusieurs autres personnes déterminées.

Article 21

Etudiants

Un étudiant ou un stagiaire qui est ou était immédiatement avant de se rendre dans un Etat

contractant un résident de l'autre Etat contractant, et qui séjourne dans le premier Etat à seule

fin d'y poursuivre ses études ou sa formation, n'est pas imposable dans ce premier Etat sur les

sommes qu'il reçoit pour couvrir ses frais d'entretien, d'études ou de formation, à condition que

ces sommes proviennent de sources situées en dehors de cet Etat.

Article 22

Activités en mer

1. Les dispositions du présent article s'appliquent nonobstant toute autre disposition de la

présente Convention.

2. Une entreprise d'un Etat contractant qui exerce dans l'autre Etat contractant des activités en

mer liées à l'exploration ou à l'exploitation du lit de la mer, du sous-sol marin et de leurs

ressources naturelles dans des zones situées, en conformité avec le droit international, sous la

juridiction de l'autre Etat contractant, est, sous réserve des dispositions des paragraphes 3 et 4,

considérée, pour ce qui concerne ces activités, comme exerçant son activité dans l'autre Etat

contractant par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est situé, sauf en ce qui concerne

le paragraphe 2 de l'article 15.

3. Les dispositions du paragraphe 2 ne s'appliquent pas lorsque les activités qui y sont visées

sont exercées, dans les zones mentionnées au même paragraphe, pendant une période

n'excédant pas trente jours au total au cours de toute période de douze mois. Toutefois, pour

l'application des dispositions du présent paragraphe :

a) lorsqu'une entreprise exerçant dans les zones mentionnées les activités visées au

paragraphe 2 est associée à une autre entreprise y exerçant des activités de nature

essentiellement analogue, la première entreprise est réputée exercer toutes les activités

de cette nature de la seconde entreprise sauf dans la mesure où ces activités sont

exercées en même temps que ses propres activités ;

b) une entreprise est considérée comme associée à une autre entreprise si l'une d'elles est

contrôlée, directement ou indirectement, par l'autre ou si les deux sont contrôlées,

directement ou indirectement, par une ou plusieurs tierces personnes.

4. Les bénéfices qu'un résident d'un Etat contractant tire du transport d'approvisionnements ou

de personnels jusqu'à l'endroit où des activités liées à l'exploration ou à l'exploitation du lit de la

mer, du sous-sol marin et de leurs ressources naturelles sont exercées dans des zones placées

sous la juridiction d'un Etat contractant, ou qu'il tire de l'exploitation de remorqueurs et de

navires similaires dans le cadre de telles activités, ne sont imposables que dans l'Etat

contractant dont il est un résident.

Article 23

Autres revenus

1.Les éléments du revenu d'un résident d'un Etat contractant dont ce résident est le bénéficiaire

effectif, d'où qu'ils proviennent, qui ne sont pas traités dans les articles précédents de la

présente Convention et qui ne sont pas des revenus de « trusts » ou des successions en cours

de liquidation, ne sont imposables que dans cet Etat.

2.Les dispositions du paragraphe 1 ne s'appliquent pas aux revenus autres que les revenus

provenant de biens immobiliers tels qu'ils sont définis au paragraphe 2 de l'article 6, lorsque le

bénéficiaire effectif de tels revenus, résident d'un Etat contractant, exerce dans l'autre Etat

contractant une activité d'entreprise par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est situé,

et que le droit ou le bien générateur des revenus s'y rattache effectivement. Dans ce cas, les

dispositions de l'article 7 sont applicables.

3.Lorsque, en raison de relations spéciales existant entre le débiteur et le bénéficiaire effectif des

revenus visés au présent article et provenant d'un Etat contractant, ou que l'un et l'autre

entretiennent avec de tierces personnes, le montant de ces revenus excède, pour une raison

quelconque, celui dont seraient convenus le débiteur et le bénéficiaire effectif en l'absence de

pareilles relations, les dispositions des paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent qu'à ce dernier

montant. Dans ce cas, la partie excédentaire des revenus reste imposable selon la législation de

chaque Etat contractant et compte tenu des autres dispositions de la présente Convention.

4. Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas si le principal objectif ou l'un des

principaux objectifs d'une personne concernée par la constitution ou l'affectation des droits

générateurs des revenus a été de tirer avantage du présent article grâce à cette constitution ou à

cette affectation.

Article 24

Elimination des doubles impositions

1. Sous réserve des dispositions de la législation du Royaume-Uni concernant l'octroi d'un crédit

déductible de l'impôt du Royaume-Uni au titre d'un impôt exigible dans un territoire situé hors du

Royaume-Uni (qui ne peuvent affecter les principes généraux ici posés) :

a) l'impôt français exigible, en vertu de la législation française et conformément aux

dispositions de la présente Convention, directement ou par voie de retenue, sur les

revenus, bénéfices ou gains imposables de source française (à l'exception, en ce qui

concerne les dividendes, de l'impôt exigible sur les bénéfices sur lesquels les

dividendes ont été payés) est considéré comme un crédit déductible de tout impôt du

Royaume-Uni calculé sur les mêmes bénéfices, revenus ou gains imposables que ceux

sur lesquels l'impôt français est calculé ;

b) dans le cas des dividendes payés par une société résidente de France à une société

résidente du Royaume-Uni et qui contrôle directement ou indirectement au moins 10 %

des droits de vote dans la société qui paie les dividendes, le crédit tient compte (en

supplément de tout impôt français constituant un crédit déductible en application des

dispositions de l'alinéa a)) de l'impôt français dû par la société au titre des bénéfices qui

servent au paiement des dividendes.

2. Aux fins d'application des dispositions du paragraphe 1 :

a) les bénéfices, revenus et gains en capital perçus par un résident du Royaume-Uni qui

sont imposables en France, conformément aux autres articles de la présente

Convention (à l'exception des gains en capital qui sont imposables conformément au

paragraphe 6 de l'article 14) sont réputés avoir leur source en France ;

b) les gains en capital n'ayant leur source ni en France ni au Royaume-Uni qui sont

imposables au Royaume-Uni conformément aux dispositions du paragraphe 6 de

l'article 14 sont réputés avoir leur source en France ;

c) les impôts mentionnés aux points (i) à (iv) de l'alinéa b) du paragraphe 1 de l'article 2 et,

en ce qui concerne les impôts visés aux points précités, au paragraphe 2 de l'article 2,

sont considérés comme étant des impôts français.

3. En ce qui concerne la France, les doubles impositions sont éliminées de la manière suivante :

a) nonobstant toute autre disposition de la présente Convention, les revenus qui sont

imposables ou ne sont imposables qu'au Royaume-Uni conformément aux dispositions

de la présente Convention sont pris en compte pour le calcul de l'impôt français

lorsqu'ils ne sont pas exemptés de l'impôt sur les sociétés en application de la

législation interne française. Dans ce cas, l'impôt du Royaume-Uni n'est pas déductible

de ces revenus, mais le résident de France a droit, sous réserve des conditions et

limites prévues aux alinéas (i) et (ii) et au paragraphe 4, à un crédit d'impôt imputable

sur l'impôt français. Ce crédit d'impôt est égal :

(i) pour les revenus non mentionnés à l'alinéa (ii), au montant de l'impôt français

correspondant à ces revenus à condition que le résident de France soit soumis à

l'impôt du Royaume-Uni à raison de ces revenus ;

(ii) pour les revenus soumis à l'impôt sur les sociétés visés à l'article 7 et au paragraphe

3 de l'article 14 et pour les revenus visés à l'article 11, aux paragraphes 1, 2 et 6 de

l'article 14, au paragraphe 3 de l'article 15, à l'article 16, aux paragraphes 1 et 2 de

l'article 17 et au paragraphe 3 de l'article 23, au montant de l'impôt payé au Royaume-

Uni conformément aux dispositions de ces articles ; toutefois, ce crédit d'impôt ne peut

excéder le montant de l'impôt français correspondant à ces revenus ;

b) pour l'application de l'alinéa a) du présent paragraphe, l'expression « montant de l'impôt

français correspondant à ces revenus » désigne :

(i) lorsque l'impôt dû à raison de ces revenus est calculé par application d'un taux

proportionnel, le produit du montant des revenus nets considérés par le taux qui leur

est effectivement appliqué ;

(ii) lorsque l'impôt dû à raison de ces revenus est calculé par application d'un barème

progressif, le produit du montant des revenus nets considérés par le taux résultant du

rapport entre l'impôt effectivement dû à raison du revenu net global imposable selon la

législation française et le montant de ce revenu net global.

c) pour l'application de l'alinéa a) du présent paragraphe, l'expression « montant de l'impôt

payé au Royaume-Uni » désigne le montant de l'impôt du Royaume-Uni effectivement

supporté à titre définitif à raison des revenus considérés, conformément aux dispositions

de la présente Convention.

4. a) Lorsque des gains peuvent être imposés par un Etat contractant uniquement en

application des dispositions du paragraphe 6 de l'article 14, c'est à cet Etat contractant,

et non à l'autre Etat contractant, qu'il revient d'éliminer la double imposition

conformément aux méthodes exposées dans le présent article, comme si les gains

provenaient de sources situées dans l'autre Etat contractant.

b) Lorsque des gains peuvent être imposés par un Etat contractant en application des

dispositions des paragraphes 1, 2 ou 3 de l'article 14, c'est à l'autre Etat contractant, et

non au premier Etat contractant, qu'il revient d'éliminer la double imposition

conformément aux méthodes exposées dans le présent article.

5. Au paragraphe 3, le terme « revenus » désigne suivant le contexte les revenus ou les gains en

capital.

Article 25

Non-discrimination

1. Les personnes physiques possédant la nationalité d'un Etat contractant ne sont soumises

dans l'autre Etat contractant à aucune imposition ou obligation y relative, qui est autre ou plus

lourde que celles auxquelles sont ou pourront être assujetties les personnes physiques

possédant la nationalité de cet autre Etat qui se trouvent dans la même situation notamment au

regard de la résidence.

2. L'imposition d'un établissement stable qu'une entreprise d'un Etat contractant a dans l'autre

Etat contractant n'est pas établie dans cet autre Etat d'une façon moins favorable que

l'imposition des entreprises de cet autre Etat qui exercent la même activité.

3. A moins que les dispositions du paragraphe 1 de l'article 10, des paragraphes 4 ou 5 de

l'article 12, des paragraphes 4 ou 5 de l'article 13 ou des paragraphes 3 ou 4 de l'article 23 ne

soient applicables, les intérêts, redevances et autres dépenses payés par une entreprise d'un

Etat contractant à un résident de l'autre Etat contractant sont déductibles, pour la détermination

des bénéfices imposables de cette entreprise, dans les mêmes conditions que s'ils avaient été

payés à un résident du premier Etat.

4. Les entreprises d'un Etat contractant dont le capital est en totalité ou en partie, directement ou

indirectement, détenu ou contrôlé par un ou plusieurs résidents de l'autre Etat contractant, ne

sont soumises dans le premier Etat à aucune imposition ou obligation y relative, qui est autre ou

plus lourde que celles auxquelles sont ou pourront être assujetties les autres entreprises

similaires du premier Etat.

5. Aucune disposition du présent article ne peut être considérée comme obligeant l'un des Etats

contractants à accorder aux personnes physiques qui ne sont pas résidentes de cet Etat les

déductions personnelles, les abattements ou les réductions qui sont accordés, pour l'application

de l'impôt, aux personnes physiques résidentes.

6. Lorsqu'une personne physique exerce un emploi salarié dans un Etat contractant, les

cotisations à un régime de retraite établi et fiscalement reconnu dans l'autre Etat contractant qui

sont supportées par cette personne sont déductibles dans le premier Etat pour la détermination

de son revenu imposable, et sont traitées dans cet Etat de la même façon, et sous réserve des

mêmes conditions et restrictions, que les cotisations à un régime de retraite fiscalement reconnu

dans cet Etat, si :

a) cette personne n'était pas un résident de cet Etat et cotisait au régime de retraite

considéré, ou à un autre régime de retraite auquel il s'est substitué, immédiatement

avant de commencer à exercer son emploi salarié dans cet Etat ; et

b) le régime de retraite est accepté par l'autorité compétente de cet Etat comme

correspondant de façon générale à un régime de retraite fiscalement reconnu dans cet Etat.

7. Lorsque l'entreprise qui paie les rémunérations d'une personne physique au sens du

paragraphe 6 verse des cotisations à un régime de retraite visé à ce même paragraphe, ces

cotisations ne sont pas traitées comme un revenu imposable de cette personne physique et sont

admises en déduction pour le calcul des bénéfices de l'entreprise.

8. Pour l'application du paragraphe 6 :

a) l'expression « régime de retraite » désigne un régime auquel la personne physique

participe afin de bénéficier de prestations de retraite payables au titre de son emploi ; et

b) un régime de retraite est fiscalement reconnu dans un Etat si les cotisations à ce régime

donnent droit à un allégement fiscal dans cet Etat.

Article 26

Procédure amiable

1. Lorsqu'un résident d'un Etat contractant estime que les mesures prises par un Etat contractant

ou par les deux Etats contractants entraînent ou entraîneront pour lui une imposition non

conforme aux dispositions de la présente Convention, il peut, indépendamment des recours

prévus par le droit interne de ces Etats, soumettre son cas à l'autorité compétente de l'Etat dont

il est un résident ou, si son cas relève du paragraphe 1 de l'article 25, à celle de l'Etat

contractant dont il possède la nationalité. Le cas doit être soumis dans les trois ans qui suivent la

première notification de la mesure qui entraîne une imposition non conforme aux dispositions de

la présente Convention ou dans les six ans qui suivent la fin de l'année fiscale ou de la période

d'imposition au titre desquels cette imposition est établie ou proposée.

2. L'autorité compétente s'efforce, si la réclamation lui paraît fondée et si elle n'est pas ellemême

en mesure d'y apporter une solution satisfaisante, de résoudre le cas par voie d'accord

amiable avec l'autorité compétente de l'autre Etat contractant, en vue d'éviter une imposition non

conforme à la présente Convention. L'accord est appliqué quels que soient les délais prévus par

le droit interne des Etats contractants.

3. Les autorités compétentes des Etats contractants s'efforcent, par voie d'accord amiable, de

résoudre les difficultés ou de dissiper les doutes auxquels peuvent donner lieu l'interprétation ou

l'application de la présente Convention. Elles peuvent aussi se concerter en vue d'éliminer la

double imposition dans les cas non prévus par la Convention.

4. Les autorités compétentes des Etats contractants peuvent communiquer directement entre

elles en vue de parvenir à un accord comme il est indiqué aux paragraphes précédents.

5. Lorsque,

a) conformément aux dispositions du paragraphe 1, une personne a soumis son cas à

l'autorité compétente d'un Etat contractant au motif que des mesures prises par un Etat

contractant ou par les deux Etats contractants ont entraîné pour cette personne une

imposition non conforme aux dispositions de la présente Convention ; et que

b) les autorités compétentes ne sont pas en mesure de conclure un accord afin de

résoudre le cas conformément aux dispositions du paragraphe 2 dans un délai de deux

ans à compter de la soumission du cas à l'autorité compétente de l'autre Etat contractant,

toutes les questions non résolues découlant de ce cas sont soumises à arbitrage à la demande

de la personne. Ces questions non résolues ne sont cependant pas soumises à arbitrage

lorsqu'une décision les concernant a déjà été rendue par une juridiction ou un tribunal

administratif de l'un des Etats ou lorsque le cas a été soumis à l'une des autorités compétentes

en application des dispositions de la Convention européenne du 23 juillet 1990 relative à

l'élimination des doubles impositions en cas de correction des bénéfices d'entreprises associées.

Sauf si une personne directement concernée par le cas n'accepte pas l'accord amiable mettant

en oeuvre la décision d'arbitrage, celle-ci s'impose aux deux Etats contractants et est appliquée

quels que soient les délais prévus par le droit interne de ces Etats. Les autorités compétentes

des Etats contractants définissent par voie d'accord amiable les modalités d'application du

présent paragraphe.

Article 27

Echange de renseignements

1. Les autorités compétentes des Etats contractants échangent les renseignements

vraisemblablement pertinents pour appliquer les dispositions de la présente Convention ou pour

l'administration ou l'application de la législation interne des Etats contractants relative aux impôts

de toute nature ou dénomination, perçus pour le compte des Etats contractants, de leurs

subdivisions politiques ou de leurs collectivités locales, dans la mesure où l'imposition qu'elles

prévoient n'est pas contraire à la présente Convention, notamment afin de prévenir la fraude et

de faciliter l'administration des dispositions légales permettant de lutter contre l'évasion fiscale.

L'échange de renseignements n'est pas restreint par les articles 1 et 2.

2. Les renseignements reçus en vertu du paragraphe 1 par un Etat contractant sont tenus

secrets de la même manière que les renseignements obtenus en application de la législation

interne de cet Etat et ne sont communiqués qu'aux personnes ou autorités (y compris les

tribunaux et organes administratifs) concernées par l'établissement ou le recouvrement des

impôts mentionnés au paragraphe 1, par les procédures ou poursuites concernant ces impôts,

par les décisions sur les recours relatifs à ces impôts, ou par le contrôle de ce qui précède. Ces

personnes ou autorités n'utilisent ces renseignements qu'à ces fins. Elles peuvent révéler ces

renseignements au cours d'audiences publiques de tribunaux ou dans des jugements.

3. Les dispositions des paragraphes 1 et 2 ne peuvent en aucun cas être interprétées comme

imposant à un Etat contractant l'obligation :

a) de prendre des mesures administratives dérogeant à sa législation et à sa pratique

administrative ou à celles de l'autre Etat contractant ;

b) de fournir des renseignements qui ne pourraient être obtenus sur la base de sa

législation ou dans le cadre de sa pratique administrative normale ou de celles de l'autre

Etat contractant ;

c) de fournir des renseignements qui révéleraient un secret commercial, industriel,

professionnel ou un procédé commercial ou des renseignements dont la communication

serait contraire à l'ordre public.

4. Si des renseignements sont demandés par un Etat contractant conformément au présent

article, l'autre Etat contractant utilise les pouvoirs dont il dispose pour obtenir les renseignements

demandés, même s'il n'en a pas besoin à ses propres fins fiscales. L'obligation qui figure dans la

phrase précédente est soumise aux limitations prévues au paragraphe 3, sauf si ces limitations

sont susceptibles d'empêcher un Etat contractant de communiquer des renseignements

uniquement parce que ceux-ci ne présentent pas d'intérêt pour lui dans le cadre national.

5. En aucun cas les dispositions du paragraphe 3 ne peuvent être interprétées comme

permettant à un Etat contractant de refuser de communiquer des renseignements uniquement

parce que ceux-ci sont détenus par une banque, un autre établissement financier, un mandataire

ou une personne agissant en tant qu'agent ou fiduciaire ou parce que ces renseignements se

rattachent aux droits de propriété d'une personne.

Article 28

Fonctionnaires diplomatiques et consulaires

1. Les dispositions de la présente Convention ne portent pas atteinte aux privilèges fiscaux dont

bénéficient les membres des missions diplomatiques et leur personnel domestique privé, les

membres des postes consulaires ou les membres des missions permanentes auprès

d'organisations internationales en vertu soit des règles générales du droit international, soit des

dispositions d'accords particuliers.

2. La présente Convention ne s'applique pas aux organisations internationales, à leurs organes

ou à leurs fonctionnaires, ni aux personnes qui sont membres d'une mission diplomatique, d'un

poste consulaire ou d'une délégation permanente d'un Etat tiers, lorsqu'ils se trouvent sur le

territoire d'un Etat contractant et ne sont pas soumis dans l'un des Etats contractants aux

mêmes obligations, en matière d'impôts sur l'ensemble de leurs revenus et gains en capital, que

les résidents de cet Etat.

Article 29

Dispositions particulières

1. Lorsqu'en application des dispositions de la présente Convention, un revenu bénéficie d'un

avantage fiscal dans un Etat contractant, et qu'en application de la législation interne en vigueur

dans l'autre Etat contractant une personne n'y est assujettie à l'impôt que sur le montant de ce

revenu qui est transféré ou reçu dans cet autre Etat et non sur son montant total, l'avantage

fiscal accordé dans le premier Etat conformément aux dispositions de la présente Convention ne

s'applique qu'à la part du revenu qui est imposée dans l'autre Etat. La présente disposition n'est

pas applicable aux revenus visés aux articles 7 et 11.

2. Lorsqu'en application des dispositions de l'article 14, des gains ne sont imposables que dans

l'un des Etats contractants et qu'en application de la législation interne en vigueur dans cet Etat

une personne y est soumise à l'impôt sur le montant de ces gains qui est transféré ou reçu dans

cet Etat et non sur leur montant total, l'exonération qui doit être accordée, en application de cet

article, par l'autre Etat contractant ne s'applique qu'à la part des gains imposée dans le premier Etat.

3. Nonobstant les dispositions de l'alinéa b) du paragraphe 1 de l'article 2, pour l'imposition au

titre de l'impôt de solidarité sur la fortune d'une personne physique qui est un résident de France

et qui possède la nationalité du Royaume-Uni sans posséder en même temps la nationalité

française, les biens situés hors de France que cette personne possède au 1er janvier de

chacune des cinq années civiles suivant celle au cours de laquelle elle devient un résident de

France n'entrent pas dans l'assiette de l'impôt afférent à chacune de ces cinq années. Si cette

personne perd la qualité de résident de France pour une durée au moins égale à trois ans, puis

redevient un résident de France, les biens situés hors de France que cette personne possède au

1er janvier de chacune des cinq années civiles suivant celle au cours de laquelle elle redevient

un résident de France n'entrent pas dans l'assiette de l'impôt afférent à chacune de ces cinq années.

Article 30

Modalités d'application

1. Les autorités compétentes des Etats contractants peuvent fixer les modalités d'application de

la présente Convention.

2. Toute personne demandant les avantages prévus par la présente Convention dans un Etat

contractant doit présenter à l'administration fiscale de cet Etat :

a) une déclaration, sous la forme requise par l'administration fiscale, donnant toutes

indications sur les revenus ou les gains en capital, notamment leur montant ou leur

valeur, pour lesquels les avantages sont demandés ;

b) une attestation de l'administration fiscale de l'autre Etat contractant confirmant que le

requérant est ou était, au cours de la période sur laquelle porte la demande, un résident

de cet autre Etat aux fins de la présente Convention ; et

c) toute autre pièce justificative que l'autorité compétente du premier Etat contractant peut

exiger, conformément à sa législation interne, pour traiter la demande.

Article 31

Entrée en vigueur

1. Chacun des Etats contractants notifiera à l'autre l'accomplissement des procédures requises

par sa législation pour l'entrée en vigueur de la présente Convention. Celle-ci entrera en vigueur

le jour de réception de la dernière de ces notifications.

2. Les dispositions de la présente Convention s'appliqueront :

a) au Royaume-Uni :

(i) en ce qui concerne l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les gains en capital, à toute

année d'imposition commençant le 6 avril, ou après le 6 avril, de l'année civile suivant

immédiatement celle au cours de laquelle la Convention est entrée en vigueur ;

(ii) en ce qui concerne l'impôt sur les sociétés, à tout exercice commençant le 1er avril,

ou après le 1er avril, de l'année civile suivant immédiatement celle au cours de

laquelle la Convention est entrée en vigueur ;

b) en France :

(i) en ce qui concerne les impôts sur le revenu perçus par voie de retenue à la source,

aux sommes imposables après l'année civile au cours de laquelle la Convention est

entrée en vigueur ;

(ii) en ce qui concerne les impôts sur le revenu qui ne sont pas perçus par voie de

retenue à la source, aux revenus afférents, suivant les cas, à toute année civile ou tout

exercice commençant après l'année civile au cours de laquelle la Convention est

entrée en vigueur ;

(iii) en ce qui concerne l'impôt de solidarité sur la fortune visé au paragraphe 3 de

l'article 29, aux impositions dont le fait générateur interviendra après l'année civile au

cours de laquelle la présente Convention est entrée en vigueur.

3. Nonobstant les dispositions du paragraphe 2, les dispositions de l'article 9 s'appliquent :

a) en France, à toute année civile ou tout exercice commençant le 1er janvier 1994 ou postérieurement ;

b) au Royaume-Uni, à toute période d'imposition commençant le 1er avril 1994 ou postérieurement.

4. La Convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, signée à Londres le 22 mai 1968 et

modifiée par les quatre avenants signés à Londres respectivement le 10 février 1971, le 14 mai

1973, le 12 juin 1986 et le 15 octobre 1987 (« la précédente Convention »), sera abrogée et

cessera d'avoir effet à compter de la date à laquelle la présente Convention s'appliquera en ce

qui concerne les impôts visés par la présente Convention conformément aux dispositions du

paragraphe 2. En ce qui concerne les crédits d'impôt relatifs aux dividendes versés par des

sociétés qui sont résidentes du Royaume-Uni, la précédente Convention cessera d'avoir effet à

compter de la date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur.

Article 32

Dénonciation

La présente Convention demeurera en vigueur tant qu'elle n'aura pas été dénoncée par l'un des

Etats contractants. Chacun des Etats contractants pourra la dénoncer par la voie diplomatique

moyennant un préavis notifié au moins six mois avant la fin de toute année civile postérieure à

celle de son entrée en vigueur. Dans ce cas, la Convention ne sera plus applicable :

a) au Royaume-Uni :

(i) en ce qui concerne l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les gains en capital, à toute

année d'imposition commençant le 6 avril, ou après le 6 avril, de l'année civile suivant

immédiatement celle au cours de laquelle la dénonciation aura été notifiée ;

(ii) en ce qui concerne l'impôt sur les sociétés, à tout exercice commençant le 1er avril,

ou après le 1er avril, de l'année civile suivant immédiatement celle au cours de

laquelle la dénonciation aura été notifiée ;

b) en France :

(i) en ce qui concerne les impôts sur le revenu perçus par voie de retenue à la source,

aux sommes imposables après l'année civile au cours de laquelle la dénonciation aura

été notifiée ;

(ii) en ce qui concerne les impôts sur le revenu qui ne sont pas perçus par voie de

retenue à la source, aux revenus afférents, suivant les cas, à toute année civile ou à

tout exercice commençant après l'année civile au cours de laquelle la dénonciation

aura été notifiée ;

(iii) en ce qui concerne l'impôt de solidarité sur la fortune visé au paragraphe 3 de

l'article 29, aux impositions dont le fait générateur interviendra après l'année civile au

cours de laquelle la dénonciation aura été notifiée.

En foi de quoi les soussignés, dûment autorisés à cet effet par leur Gouvernement respectif, ont

signé la présente Convention.

Fait à Londres, le 19 juin 2008, en double exemplaire, en langues française et anglaise, les deux

textes faisant également foi.

Pour le Gouvernement de la République française :

Christine Lagarde,

Ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi

Pour le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord :

David Miliband,

Ministre des Affaires étrangères et du Commonwealth

PROTOCOLE

Lors de la signature de la Convention entre le Gouvernement de la République française et le

Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en vue d'éviter les

doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le

revenu et sur les gains en capital, le Gouvernement de la République française et le

Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord sont convenus que

les dispositions suivantes font partie intégrante de la Convention.

1. En ce qui concerne l'article 2, il est entendu que la taxe sur les salaires visée à l'alinéa b) du

paragraphe 1 de l'article 2 est régie par les dispositions de la Convention applicables aux

bénéfices des entreprises.

2. En ce qui concerne l'article 3, il est entendu que l'expression « Royaume-Uni » définie au

paragraphe 1 de l'article 3 ne comprend pas les Iles anglo-normandes, l'Ile de Man, Gibraltar, les

zones du Royaume-Uni à Chypre dénommées « Sovereign Base Areas », ni aucun pays ou

territoire d'outre-mer ayant des relations spéciales avec le Royaume-Uni.

3. En ce qui concerne l'article 5, il est entendu que lorsqu'un « partnership » qui n'est pas un

résident d'un Etat contractant a un établissement stable dans un Etat contractant, cet

établissement stable est considéré comme un établissement stable situé dans cet Etat de

chacun de ses associés ou membres pouvant bénéficier des dispositions de la Convention. Les

revenus ou les gains imputables à un établissement stable qu'un « partnership » qui n'est pas un

résident d'un Etat contractant a dans un Etat contractant sont considérés comme imputables à

un établissement stable que chacun de ses associés ou membres a dans cet Etat à raison de la

part de ces revenus ou gains qui revient à chaque associé ou membre du « partnership »

pouvant bénéficier des dispositions de la Convention.

4. En ce qui concerne l'article 6, il est entendu que l'expression « biens immobiliers » telle que

définie dans l'article 6 comprend les options, promesses de vente et droits analogues relatifs aux

biens immobiliers.

5. En ce qui concerne l'article 7, il est entendu que lorsqu'un résident d'un Etat contractant est

associé ou membre d'un « partnership » établi selon la législation de l'autre Etat contractant,

aucune disposition de la Convention n'empêche le premier Etat contractant d'imposer ce

résident sur sa part des revenus, bénéfices ou gains provenant de ou par l'intermédiaire de ce «

partnership » ; ces revenus, bénéfices ou gains sont toutefois considérés comme des revenus,

bénéfices ou gains de sources situées dans cet autre Etat pour l'application de l'article 24.

6. En ce qui concerne l'article 11, il est entendu que lorsqu'un Etat contractant applique à

l'établissement stable d'une entité établie dans l'autre Etat contractant les exonérations prévues

par son droit interne pour les véhicules d'investissement visés au paragraphe 5 de l'article 11,

aucune disposition de la présente Convention ne limite le droit du premier Etat contractant

d'imposer, conformément à sa législation interne, les revenus immobiliers réputés distribués par

cet établissement stable.

7. En ce qui concerne les articles 11, 12, 13, il est entendu que les dirigeants de sociétés ou

fonds d'investissement établis dans un Etat contractant peuvent soumettre une demande relative

aux avantages prévus par les dispositions de ces articles. Dans le cas de sociétés ou fonds

d'investissement n'entrant pas dans le champ d'application de l'article 1er, les dirigeants peuvent

soumettre des demandes et les autorités compétentes conviendront des modalités d'application

de la présente Convention à ces demandes.

8. En ce qui concerne les articles 12, 13 et 23, il est entendu que lorsque, selon les dispositions

du paragraphe 5 de l'article 12, du paragraphe 5 de l'article 13 ou du paragraphe 4 de l'article

23, les dispositions de l'article considéré ne sont pas applicables à un élément de revenu, celuici

est imposable dans les deux Etats contractants conformément à leur législation interne

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Environnement légal.

La mise en place du marché unique en Europe par ses états membres s'est traduite par la possibilité pour toutes entreprises basées dans un Etat de l'Union européenne d'exercer leurs activités dans tous les États membres de l'Union européenne, qu'elles choisissent de les y exercer directement ou d'y établir un établissement (quelle qu'en soit la forme) ou d'y commercer sans implantation physique.

Directives, arrêts et décrets :

11ème directive 89/666/CE du Conseil de l'Europe de 1993 :

Tout ressortissant européen peut créer une société dans l'état membre de son choix sans avoir l'obligation d'y résider, et ceci, dans le respect du droit des sociétés national.

Décret n° 92.521 du 16 Juin 1992 publié au journal officiel du 17 Juin 1992 :

Mise en conformité Décret du 30 Mai 1984 (concernant l'immatriculation en France des sociétés commerciales ayant leurs sièges sociaux à l'étranger) aux Directives de l'Union Européenne, la 11ème directive a été transposée en droit Français par le décret n° 92.521 du 16 Juin 1992 publié au journal officiel du 17 Juin 1992.

Arrêt C-212/97 du 9 mars 1999 :

Rendu par la cour de Justices de la communauté Européenne Arrête qu'une société constituée légalement dans un État membre, qui n'y exerce pourtant aucune activité commerciale et qui aurait même été créée pour éviter la règle de libération d'un capital minimum en vigueur dans l'État où les dirigeants de la société veulent exclusivement exercer leur activité commerciale, ne peut se voir refuser, pour ce motif, l'inscription de sa succursale dans le second État.

Arrêt C-208/00 du 5 novembre 2002 :

Cet arrêt prévoit qu'au titre de la liberté d'établissement une société légalement constituée dans un État membre doit être reconnue dans tout autre État membre sans devoir s'y reconstituer, et cela même si la société avait transféré dans ce dernier État membre son siège effectif, pour autant, bien entendu, que son État membre d'origine lui permette, dans ce cas, de conserver sa personnalité juridique.

Arrêt Inspire Art C-167/01 du 30 septembre 2003 :

Les dispositifs légaux des État membre de l'Union sont dans l'obligation de reconnaître à toutes sociétés les mêmes capacités juridiques qu'aux sociétés nationales. Cela inclue la possibilité de tous recours légaux et d'actions de justice offertes aux sociétés nationales.

Une législation nationale ne pourra imposer des conditions supplémentaires (comme celle d'être enregistrées comme des sociétés étrangères de pure forme, la responsabilité solidaire des administrateurs, ou encore un capital minimum) à des sociétés constituées dans un autre État membre au motif qu'elles exerceraient leurs activités entièrement ou presque entièrement dans le premier État membre sans présenter de lien réel avec l'État de la législation sur la base de laquelle elles ont été constituées.

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Toujours des questions sur les salaires...

1) Peut-on recevoir en France un salaire d'une société offshore, éventuellement située en Grande-Bretagne?

2) Si oui dans ce cas les cotisations sociales étant payées en GB bénéficie-t-on d'une couverture sociale en France, ou est-on obligé de payer des cotisations sociales en France?

3) Résidant en France les revenus seront imposés par l'administration fiscale française, je pense ?

En résumé, un résident français peut-il travailler pour une société étrangère n'ayant aucune représentation en France et ne payer que les cotisations sociales dans le pays de cette société, bénéficier éventuellement de la couverture sociale française, et régler ses impôts en France?

RPT.

R : Une société en Angleterre n'est pas une société offshore, et comme en France, le salaire est passible des charges sociales d'une part (10 % pour la part du salarié + 11 % part employeur, soit 21 % au total).

Si vous êtes salarié en Angleterre, vous ne bénéficierez PAS de la protection sociale Française (ce qui est normal puisque vous n'y cotisez pas) et vos revenus seront imposés en Angleterre. Comme entre le Royaume Unis et la France, un traité de non double imposition a été signé, vous ne serez imposé qu'en Angleterre.

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Nouvelle convention fiscale entre la France et le Royaume-Uni

Une nouvelle Convention de non Double Imposition signée le 19 Juin 2008 entre la France et le Royaume Uni est entrée en vigueur le 1er Janvier 2010 en France et au Royaume Uni à compter du 6 Avril 2010.

Cette Convention se substitue entièrement à l'ancien Traité de 1968. En revanche, la Convention entre la France et le Royaume Uni de 1963 portant sur l'impôt relatif aux successions n'est pas affectée et demeure valide en toutes ses dispositions. Il n'y a à ce jour aucune intention de dénoncer cette dernière.

La nouvelle Convention a pour objet de compléter les mécanismes destinés à éviter les doubles impositions, de renforcer les mesures anti-abus et d'élimination les doubles exonérations.

Certaines nouvelles dispositions sont les bienvenues telles que la clarification sur les règles de détermination de la résidence des partnerships et du traitement fiscal des gains et revenus réalisés par ces entités. Ils bénéficient désormais de la protection du traité et l'associé pourra en tenir compte dans sa base d'imposition par voie de crédit d'impôt.

De même, doivent être accueillies les nouvelles dispositions spécifiques aux dividendes distribués par les fonds immobiliers tels que les fonds français SIIC ou OPCI et les UK REITS. Ces dividendes, lorsqu'ils sont distribués à des non résidents, seront ainsi soumis à une retenue à la source de 15% pour une participation inférieure à 10%. Au-delà, l'Etat source taxera à son taux de droit interne.

D'autres dispositions risquent au contraire de contrarier certains... c'est le cas notamment du dispositif « contra-remittance basis » ou du nouveau régime des plus values immobilières dégagées par la vente d'un immeuble détenu au UK par un résident français.

1. Dispositif de l'article 29 : Elimination des doubles exonérations

L'un des principaux dispositifs mis en place est celui énoncé à l'article 29 aux termes duquel l'avantage tiré du système de la Remittance Basis est sérieusement fragilisé, non du point de vue anglais mais bien du point de vue français.

Pour mémoire, le Royaume Uni assure un traitement fiscal dérogatoire aux résidents qui ne sont pas UK domiciled. Ces derniers bénéficient du régime de la Remittance Basis qui leur permet de ne pas être imposés au Royaume Uni sur leurs revenus et plus values générés par des biens détenus en dehors de cet Etat à condition de ne pas les rapatrier sur le sol anglais.

Si ce système perdure du point de vue du système fiscal anglais, la nouvelle Convention dispose que tout avantage fiscal issu du Traité ne pourra s'appliquer que pour autant que les gains ou les revenus auront été taxés dans un des deux Etats parties à la Convention.

Implications pratiques :

Les Salaires : Les salariés français expatriés au Royaume-Uni qui exercent une partie de leur activité en France ne pourront plus bénéficier à la fois de l'exonération en France au titre de la clause de mission temporaire et de l'exonération au Royaume- Uni au titre de la règle de la remittance basis. Cela signifie que les revenus correspondant à leur activité exercée en France qui ne seront pas rapatriés au Royaume-Uni devront être soumis à la retenue à la sourie de droit interne français aux taux de 12 % «t de 25 % (non libératoire d'impôt sur es revenus pour la tranche soumise à 25 % Es fonction du montant du salaire en cause e salarié devra donc arbitrer entre l'imposer au Royaume-Uni (taux maximum de 50 i compter Du 6.04.2010) sur les salaires rapatriés mais exonérés en France, ou leur exonération au Royaume-Uni avec une imposition en France par la voie de s retenue à la source de droit interne.

Les Intérêts : Les résidents non domiciles du Royaume-Uni qui perçoivent certaine: catégories taxables d'intérêts de sou-:e française (les exonérations existant en dr: k interne restant maintenues) devra— désormais, de même, arbitrer entre une imposition au Royaume-Uni (taux maximum- de 50 %) et corrélativement une exonération en France, ou plus favorablement ire exonération au Royaume-Uni mais une imposition en France via la retenue a «a source de droit interne (au taux de 18%).

Les Plus Values survaleurs Mobilières Le régime des plus values sur valeur mobilières n'est pas fondamentalemer: modifié car la Convention ne peut modifie- les règles de droit interne.

En application de la Convention, les plus values de cession de valeurs mobilières son: taxées par l'Etat de résidence du cédant.

Par conséquent, un résident anglais cédan: un portefeuille de valeurs mobilières détenu en France sera donc taxé au UK.Or,en vertu du système de la Remittance Basis, les plus values non rapatriées sur le sol anglais ne supportent pas l'impôt UK. La double exonération est donc ici bien maintenue.

En effet, le droit interne français prévoit que les personnes physiques ou morales résidentes hors de France sont exonérées d'impôt sur les plus values réalisées lors de la cession des valeurs mobilières et des droits sociaux.

Il existe néanmoins deux exceptions à cette règle : a) lorsque la cession porte sur des titres de sociétés à prépondérance immobilière ou b) lorsqu'il s'agit de cession de parts ou actions de sociétés soumises à l'Impôt sur les Sociétés dans lesquelles le cédant détient une participation supérieure à 25% (évalué au niveau du foyer élargi, en ce compris détention par les conjoints, leurs ascendants et descendants)

2. Le Nouveau Régime des Plus Values Immobilières après cession d'un immeuble détenu au Royaume Uni

La nouvelle Convention confirme la règle selon laquelle les plus values générées par la vente d'un immeuble sont taxées par l'Etat du lieu de situation de l'immeuble.

Toutefois, l'article 24.3.a) ajoute une disposition qui aboutit à réintégrer la plus value provenant de la cession d'un immeuble en Angleterre dans le calcul de l'impôt français du par le résident français et à utiliser le crédit d'impôt équivalent à l'impôt payé au UK.

a plus values immobilières sera donc rapportée à la base taxable en France mais en pratique le contribuable ne pourra déduire un crédit d'impôt UK puisqu'en vertu du droit interne anglais les non résidents sont exonérés d'impôt sur la plus value.

En conséquence, les nouvelles dispositions reviennent à imposer pleinement en France la plus value immobilière du fait de la cession de l'immeuble anglais et ce, au taux applicable de 16% plus contributions sociales (12,1%).

Toutefois, l'impact devrait pouvoir a priori être minoré par plusieurs causes d'exonération totale ou partielle applicable en France, notamment l'abattement annuel de 10% par an à partir de la 6ème année de détention permettant une exonération total de la plus value immobilière après 15 ans.

3. Sociétés Immatriculées au Royaume Uni détenant des biens immobiliers en France

Sous l'empire de l'ancienne Convention, une société anglaise qui cédait un bien immobilier détenu en France n'était pas taxée sur la plus value en France mais en Angleterre au titre de leur revenus corporate.

Désormais, la plus values immobilière est taxée dans le lieu de situation de l'immeuble, soit au cas présent, en France.

4. Nature et Imputation du paiement des £30,000 au titre de la Remittance Basis Tax Charge

Depuis Avril 2009, les résidents anglais qui ont passé plus de 7 ans sur 9 années consécutives, peuvent continuer d'opter pour le bénéfice de la Remittance Basis mais dans ce cas ils devront s'acquitter d'une somme forfaitaire de £30,000.

Du point de vue anglais, cette somme forfaitaire a bien la nature d'un impôt qui en principe permet de rapatrier des revenus ou plus values à concurrence de l'impôt payé soit à l'Income Tax soit au Capital Gain Tax (dans la pratique, ceci est fortement déconseillé compte tenu des imprécisions des instructions quant aux modalités de rapatriement).

Après de longues négociations intervenues entre le Royaume Uni et les Etats-Unis, il semble qu'il ait été admis que cette charge forfaitaire puisse servir de crédit d'impôt dans les déclarations américaines.

Cette possibilité de crédit d'impôt n'a, pour l'heure, pas été reprise entre la France et le Royaume Uni.